Une étude menée début 2026 au Centre médical universitaire Erasmus de Rotterdam établit un lien entre la consommation d’aliments ultra-transformés et des difficultés à concevoir chez les hommes. Portant sur plus de 800 femmes et 650 hommes, cette recherche met également en évidence un développement embryonnaire prématuré chez les femmes fortement exposées à ce type d’alimentation.
Des hommes moins fertiles quand les produits ultra-transformés dominent leur assiette
Les résultats sont nets : les hommes dont la consommation d’aliments ultra-transformés est la plus élevée présentent un risque significativement accru de subfertilité. Ce terme désigne un délai de conception supérieur à douze mois, ou le recours à un traitement médical de fertilité.
Les chercheurs attribuent ce phénomène à l’influence directe de l’alimentation sur la qualité des spermatozoïdes. Un mécanisme qui, selon eux, justifie de repenser les conseils donnés aux futurs parents.
La santé préconceptionnelle des pères, un angle trop longtemps ignoré
Romy Gaillard, professeure épidémiologiste et auteure principale de l’étude, souligne l’ampleur du vide scientifique sur ce sujet : « Même si les aliments ultra-transformés sont très courants dans notre alimentation, on sait très peu de choses sur leur relation potentielle avec la fertilité et le développement humain précoce. »
Elle pointe également un déséquilibre persistant dans les recommandations médicales. Interrogée par Newsweek, elle affirme que les conseils préconceptionnels ont longtemps ciblé quasi exclusivement les femmes, et que cette étude plaide pour une implication accrue des futurs pères. Selon elle, ces résultats « soulignent la nécessité d’accorder une plus grande attention à la santé masculine pendant la période préconceptionnelle, traditionnellement négligée ».
Un signal d’alerte qui dépasse la seule fertilité masculine
Du côté des femmes, la consommation élevée d’aliments ultra-transformés est associée à un développement embryonnaire prématuré — une donnée qui élargit encore la portée de ces travaux au-delà de la seule question de la conception.
Ces conclusions invitent à reconsidérer globalement les habitudes alimentaires des deux partenaires bien avant une grossesse. La question de savoir si des recommandations nutritionnelles spécifiques aux hommes seront intégrées aux protocoles de soins préconceptionnels reste désormais posée.
Dans cette perspective, adopter une hygiène de vie plus équilibrée dès le projet d’enfant devient essentiel, notamment en s’inspirant de conseils autour de l’accompagnement des projets parentaux et de la préparation à l’arrivée d’un enfant.
Pour mieux comprendre les recommandations en matière d’alimentation et de santé reproductive, vous pouvez consulter les informations proposées par l’Inserm, qui publie régulièrement des travaux sur les liens entre nutrition et fertilité.