Cannabis et adolescence : des effets durables sur le développement cognitif, selon une étude américaine

M Par Marion Dupicard ·
Cannabis et adolescence : des effets durables sur le développement cognitif, selon une étude américaine

Une étude publiée le 20 avril dans la revue Neuropsychopharmacology établit un lien entre la consommation de cannabis à l'adolescence et un ralentissement du développement cognitif sur le long terme. Des chercheurs de l'Université de Californie à San Diego ont suivi plus de 11 000 jeunes âgés de 9 à 17 ans pour parvenir à ces conclusions.

Une progression intellectuelle qui marque le pas

Menée dans le cadre du programme ABCD (Adolescent Brain Cognitive Development), cette vaste étude a mesuré l'évolution de plusieurs capacités chez les participants : mémoire, attention et langage. Résultat : les adolescents consommateurs de cannabis affichent une "croissance plus limitée" de ces compétences par rapport aux non-consommateurs.

Ce constat est d'autant plus frappant que certains jeunes consommateurs présentaient, au départ, des performances équivalentes — voire supérieures — à celles de leurs pairs. Avec le temps, leur progression "ralentit" néanmoins de façon notable. Les chercheurs avertissent que ces écarts, bien que modestes, "peuvent s'accumuler et affecter l'apprentissage, la mémoire et le fonctionnement quotidien".

Le THC pointé du doigt, le CBD épargné

L'étude distingue clairement les effets des différents composants du cannabis. Le THC, principal agent psychoactif, est identifié comme "probablement à l'origine des changements observés". Les adolescents exposés à cette molécule présentent des troubles mnésiques plus prononcés.

Le CBD, en revanche, ne semble pas produire les mêmes effets négatifs. Une nuance capitale à l'heure où de nombreux produits circulent, parfois sans étiquetage précis sur leur composition.

De nouvelles substances dans le viseur des scientifiques

Au-delà du cannabis classique, les chercheurs s'inquiètent de l'émergence de substances dérivées comme le HHC ou le CBC. Leurs effets sur le cerveau adolescent restent encore largement méconnus, ce qui rend leur surveillance d'autant plus urgente.

Ces travaux rappellent que le cerveau adolescent, encore en pleine maturation, demeure particulièrement vulnérable aux substances psychoactives. À mesure que le cannabis se banalise chez les jeunes, les implications de cette étude pourraient peser sur les politiques de prévention et d'encadrement de ces produits.

Pour consulter l’étude complète, rendez-vous sur Neuropsychopharmacology.