Près de 10 % des heures de cours perdues dans le secondaire en 2024-2025

A Par Adeline ·
Près de 10 % des heures de cours perdues dans le secondaire en 2024-2025

Un élève sur dix n'a pas cours : c'est, en substance, ce que révèle une étude publiée le 30 avril par le ministère de l'Éducation nationale. Dans les collèges et lycées publics, 9,8 % des heures d'enseignement n'ont pas été assurées au cours de l'année scolaire 2024-2025, soit une progression de 0,7 point par rapport à l'année précédente.

Le non-remplacement des enseignants, première cause de cours manqués

Derrière ce chiffre global, deux réalités distinctes se superposent. La part la plus importante — 7,5 % des heures perdues — résulte du non-remplacement d'enseignants absents. Les 2,3 % restants sont imputables à des fermetures complètes d'établissements.

Les raisons d'absence des professeurs sont multiples : formations, participation à des jurys d'examens ou motifs personnels. Du côté des établissements, les fermetures ponctuelles s'expliquent par l'organisation d'épreuves, des conditions météorologiques extrêmes, des mouvements sociaux ou des problèmes de sécurité.

Des écarts considérables d'un établissement à l'autre

La moyenne nationale masque des disparités importantes. Les établissements les plus affectés enregistrent jusqu'à 19 % d'heures non dispensées, quand les moins touchés n'en perdent que 3 %. Un fossé de seize points qui illustre à quel point la situation varie selon les structures.

En revanche, l'appartenance à un réseau d'éducation prioritaire ne constitue pas un facteur aggravant majeur. Les collèges REP affichent environ 10 % d'heures non assurées, contre 9 % pour les établissements hors de ces dispositifs. Le phénomène touche l'ensemble du secondaire, sans distinction significative entre collèges, lycées généraux, technologiques ou professionnels.

Une continuité pédagogique fragilisée, déjà dans le viseur de la Cour des comptes

Pour les familles, ces absences répétées ont des conséquences concrètes : programmes décalés, organisation bousculée, apprentissages potentiellement compromis, pouvant parfois contribuer à un mal-être scolaire plus profond, comme chez l’enfant qui n’aime pas l’école. Si un cours annulé isolément reste rattrapable, leur accumulation soulève des questions sur la régularité de l'enseignement dispensé.

Ce constat n'est pas nouveau. En décembre dernier, la Cour des comptes avait déjà signalé que près de 9 % des heures de cours avaient été perdues en 2023-2024, appelant à « des actions résolues » pour améliorer le dispositif de remplacement. La hausse enregistrée cette année montre que la tendance ne s'est pas inversée — et que la question reste entière pour le prochain exercice scolaire.