Sport pendant la grossesse : pourquoi le stress peut tout changer

E Par Eve Chalie ·
Sport pendant la grossesse : pourquoi le stress peut tout changer

Une étude publiée le 22 avril dans The FASEB Journal vient bousculer les certitudes sur les bienfaits de l'activité physique pendant la grossesse. Si le sport améliore bien certains indicateurs de santé chez l'enfant à naître, un niveau de stress élevé chez la mère suffirait à effacer une partie de ces effets positifs.

Ce que le sport apporte au bébé… et ce que le stress lui retire

Les chercheurs ont mis en évidence une amélioration de la tolérance au glucose chez les enfants dont les mères avaient pratiqué une activité physique régulière durant leur grossesse. Cet indicateur est directement associé au risque de développer, plus tard dans la vie, des pathologies telles que le diabète ou l'obésité.

Mais cette protection n'est pas inconditionnelle. Lorsque les mères étaient soumises à un stress important, les bénéfices observés sur la santé métabolique des enfants diminuaient sensiblement — voire disparaissaient. Faire du sport ne suffit donc pas, à lui seul, à garantir ces effets favorables.

Le cortisol, un perturbateur du développement fœtal

Pour expliquer ce phénomène, les scientifiques pointent le rôle des hormones du stress, notamment le cortisol. Une exposition prolongée à ces substances pendant la grossesse pourrait altérer certains mécanismes biologiques liés à la gestion de l'énergie dans l'organisme du fœtus, en particulier les processus de stockage et d'utilisation des sucres.

La grossesse s'impose ainsi comme une fenêtre particulièrement sensible : les conditions de vie de la mère, qu'elles soient physiques ou psychologiques, influencent durablement le développement de l'enfant.

Des effets qui ne concernent pas les deux sexes de la même façon

L'étude soulève également une asymétrie selon le sexe de l'enfant. Les effets du sport et du stress sur la tolérance au glucose ont été observés principalement chez les garçons. Chez les filles, aucun impact significatif sur cet indicateur n'a été relevé par les chercheurs.

Cette différence pourrait s'expliquer par des mécanismes biologiques propres à chaque sexe, que les auteurs de l'étude indiquent être encore en cours d'exploration.

Ces résultats invitent à considérer la santé mentale des femmes enceintes avec autant d'attention que leur activité physique. La gestion du stress pendant la grossesse pourrait s'avérer tout aussi déterminante que la pratique sportive pour le devenir métabolique de l'enfant.