Le ministère de l’Éducation nationale a transmis un signalement au procureur de la République de Paris visant TikTok, accusant la plateforme de « provocation au suicide », de traitement illicite de données et de transferts de données à caractère illicite. L’annonce a été faite par le ministre Édouard Geffray sur France Inter ce 26 mars, sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale.
Un compte fictif de 14 ans, et des résultats jugés alarmants
Pour appuyer sa démarche, le ministre a décrit une expérience menée avec ses équipes : la création d’un profil fictif d’adolescent de 14 ans sur TikTok, destiné à observer ce que la plateforme propose spontanément à ses utilisateurs.
Le bilan est sans appel. « En moins de 20 minutes, sans avoir liké quoi que ce soit, on s’est retrouvé avec des vidéos dépressives, des véritables tutoriels de scarifications (et) des vidéos d’incitation au suicide », a relaté Édouard Geffray. Les vidéos collectées lors de ce test ont été remises à la justice sur une clé USB.
Un algorithme qui piège les plus vulnérables
Le ministère ne pointe pas des contenus isolés, mais un mécanisme systémique. Selon le communiqué officiel, « le phénomène d’engrenage débute dès le visionnage d’une seule vidéo relative à la santé mentale », avant que la plateforme n’enchaîne des contenus de plus en plus nocifs à grande vitesse.
Cette dynamique enfermerait les utilisateurs dans ce que le ministre qualifie de « spirales mortifères », susceptibles d’entraîner un public vulnérable vers des actes irréparables. Édouard Geffray a appelé à mettre fin à ces mécanismes qui conduisent les adolescents « dans des directions dangereuses pour leur vie ».
Dans ce contexte, il est essentiel pour les parents de rester vigilants et de mettre en place des repères adaptés, notamment en apprenant à limiter le temps d’écran chez les enfants pour réduire l’exposition à ces contenus.
Une procédure judiciaire déjà en cours depuis novembre
Ce signalement ne part pas de zéro. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en novembre 2025, à la suite d’une première alerte lancée par le député Arthur Delaporte.
Ce dernier a salué la démarche du ministère, estimant qu’elle pourrait accélérer les investigations. Il a également rappelé le contexte international : « plusieurs plateformes ont été lourdement condamnées aux États-Unis, ces derniers jours notamment, pour les mêmes infractions », a-t-il souligné, exprimant sa confiance envers la justice française pour que TikTok « réponde de ses actes ».
La convergence entre l’action du gouvernement et une enquête judiciaire déjà ouverte pourrait donner une nouvelle impulsion à ce dossier, alors que la pression sur les réseaux sociaux s’intensifie des deux côtés de l’Atlantique.
Face à ces enjeux, les recommandations des autorités de santé peuvent aider à mieux encadrer les usages numériques. Vous pouvez consulter les conseils officiels sur le site de Santé publique France, qui propose des repères adaptés pour protéger les jeunes face aux écrans.