Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé, vendredi 17 avril dans les colonnes de La Dépêche du Midi, sa volonté de réduire progressivement la taille des classes pour atteindre une moyenne de 19 élèves, dans le sillage de la baisse démographique que traverse la France. Un objectif présenté comme une opportunité à saisir, malgré les défis que pose ce recul des naissances pour le pays.
Un recul des naissances transformé en levier pédagogique
La France a enregistré une chute de 25 % des naissances en quinze ans, une tendance que le ministre juge préoccupante pour l’équilibre économique et social du pays. « Pour le pays, c’est une mauvaise nouvelle », reconnaît-il sans détour.
Mais du côté de l’école, Édouard Geffray entend retourner la situation à son avantage. Son ambition : « transformer cette mauvaise nouvelle en opportunité pour améliorer le système scolaire et le niveau de nos élèves ».
De 23 à 19 élèves par classe : une trajectoire engagée
Dans le primaire, la moyenne est déjà passée de 23 à 21 élèves par classe depuis 2017, selon le ministre. L’objectif désormais affiché est de « se rapprocher progressivement de la moyenne des pays voisins », soit environ 19 élèves par classe dans les années à venir.
Geffray tempère toutefois les attentes : les effectifs ne constituent pas « l’alpha et l’oméga de la réussite scolaire ». La taille des classes reste un facteur parmi d’autres.
Des disparités persistantes entre établissements
Derrière ces moyennes nationales se cachent des réalités très contrastées. Certaines classes accueillent encore 25, 26, voire 27 élèves, tandis que d’autres en comptent moins de dix. « Une moyenne ne dit pas tout », souligne le ministre.
La priorité affichée est donc de rééquilibrer la répartition des effectifs, en concentrant les ressources là où les classes restent les plus surchargées.
Ces écarts peuvent avoir un impact concret sur le vécu scolaire des enfants. Dans certains cas, un environnement peu adapté peut accentuer des difficultés ou un rejet de l’école.
Enseignants et fermetures de classes : deux équilibres délicats
La baisse du nombre d’élèves soulève aussi la question des postes d’enseignants. Pour 2026, le ministère anticipe une diminution de 1,3 % des effectifs élèves, contre 0,5 % de professeurs en moins. Édouard Geffray met en garde contre deux excès opposés :
- Aligner mécaniquement le nombre d’enseignants sur la baisse des élèves risquerait de « fragiliser tout le système ».
- Maintenir un recrutement soutenu pourrait déboucher sur « une crise de recrutement » à moyen terme.
Sur les fermetures de classes, le ministre se veut rassurant : « On ne ferme pas d’école sans l’accord du maire. » Il insiste sur les spécificités territoriales, rappelant qu’une fermeture en milieu rural n’a pas le même impact qu’en zone urbaine. « L’école est un service public de proximité », a-t-il conclu.
La capacité du Ministère de l’Éducation nationale à tenir cet objectif de 19 élèves par classe tout en gérant les suppressions de postes sans tensions sociales majeures constituera l’un des défis éducatifs des prochaines années.