Face aux révélations de violences sexuelles dans les structures périscolaires, le gouvernement veut conditionner les subventions publiques à des formations obligatoires. C’est le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, qui a annoncé cette mesure sur franceinfo ce samedi 4 avril.
Des subventions liées à une formation systématique
Environ une centaine d’associations bénéficient aujourd’hui de financements publics pour intervenir dans le cadre scolaire ou périscolaire. Selon Édouard Geffray, cette aide financière pourrait désormais être soumise à une condition inédite.
« Je souhaite conditionner l’octroi des subventions à des formations sur les violences sexistes et sexuelles systématiques pour tous les bénévoles et personnels de ces associations », a-t-il déclaré. L’ensemble des intervenants serait donc concerné, quel que soit leur statut au sein de la structure.
Mieux détecter pour mieux protéger
Au-delà de la prévention, le ministre insiste sur la nécessité de renforcer la capacité à repérer les situations à risque. Il appelle chaque acteur à « faire le ménage » et à être « extrêmement ferme dans le repérage et la détection » des violences. Dans ce contexte, il est essentiel de mieux comprendre les violences sexuelles chez les mineurs et les mécanismes qui permettent de mieux les prévenir.
Ces déclarations interviennent dans un climat de forte inquiétude chez les parents, après plusieurs affaires ayant mis en évidence des failles dans la protection des mineurs.
Paris déjà en ordre de marche
Ces annonces gouvernementales font suite à un plan présenté la veille par Emmanuel Grégoire, maire de Paris, qui a affiché une ambition de « tolérance zéro » et de « transparence totale ». La Ville prévoit de généraliser la formation à la prévention des violences faites aux mineurs à l’ensemble de ses animateurs dans les deux mois.
À plus long terme, une « école du périscolaire » doit ouvrir ses portes en septembre 2026, avec des formations rendues obligatoires pour tous les professionnels du secteur.
La convergence entre les initiatives locales parisiennes et les intentions du gouvernement national laisse entrevoir un durcissement généralisé des exigences dans le périscolaire. Reste à savoir si ces mesures se traduiront rapidement par des textes réglementaires contraignants. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement de la protection des mineurs, notamment à travers les évolutions récentes du cadre légal en faveur des enfants.