La créativité pourrait jouer un rôle thérapeutique concret chez les enfants atteints de TDAH. C’est ce que révèle une étude publiée dans la revue iScience, menée par des chercheurs français, libanais et allemands, qui établit un lien direct entre activités créatives et amélioration de la concentration.
Un cerveau câblé différemment, pas déficitement
Derrière les difficultés de concentration associées au trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité se cache une réalité plus nuancée. Les chercheurs soulignent que le cerveau des personnes concernées ne fonctionne pas de manière défaillante, mais selon un mode différent.
La neuroscientifique Radwa Khalil, qui a participé aux travaux, l’illustre par une métaphore : « Imaginez l’attention comme un projecteur. La plupart des personnes peuvent concentrer leur faisceau sur une seule chose. Le cerveau des personnes atteintes de TDAH, lui, a un champ de vision plus large. »
Cette attention dite « diffuse » complique les tâches répétitives ou scolaires. Mais elle favorise aussi la pensée exploratoire et la capacité à générer des associations d’idées originales — autrement dit, la créativité.
Quand l’art sollicite les mêmes circuits que la concentration
C’est précisément sur ce point que repose l’hypothèse des chercheurs : les mécanismes cérébraux de l’attention et ceux de la créativité sont étroitement imbriqués. Stimuler l’un pourrait donc renforcer l’autre.
Selon Radwa Khalil, « L’expression créative authentique est bien plus qu’une simple distraction agréable. Elle sollicite les mêmes circuits neuronaux impliqués dans le contrôle de l’attention. »
Les activités identifiées comme potentiellement bénéfiques sont variées :
- Arts plastiques et visuels
- Musique
- Danse
- Écriture
- Jeux vidéo
Ces pratiques offrent un cadre structuré dans lequel l’enfant peut mobiliser naturellement son attention, sans contrainte imposée de l’extérieur, notamment chez les enfants présentant des difficultés d’attention à l’école.
Un complément aux accompagnements existants
Lorsqu’un enfant atteint de TDAH est pleinement absorbé par une activité artistique ou musicale, il entre dans un état de concentration spontanée. Les chercheurs y voient une piste sérieuse pour compléter les prises en charge actuelles.
L’approche se distingue en ce qu’elle s’appuie sur les forces de l’enfant plutôt que sur ses difficultés. Si ces résultats ouvrent des perspectives prometteuses, ils invitent désormais à explorer comment intégrer concrètement ces activités dans les protocoles d’accompagnement du TDAH chez l’enfant.