Le ministère de la Santé a lancé le 30 avril 2026 un dispositif inédit destiné aux enfants suivis par l’aide sociale à l’enfance (ASE) : le « parcours coordonné renforcé enfance protégée ». Objectif : combler les lacunes criantes d’un suivi médical et psychologique trop souvent insuffisant pour ces jeunes parmi les plus vulnérables.
Des enfants fragilisés et insuffisamment pris en charge
Les quelque 400 000 mineurs actuellement accompagnés par la protection de l’enfance en France cumulent des difficultés spécifiques : ruptures familiales, violences, troubles psychiques, handicaps ou retards de développement parfois jamais détectés. Paradoxalement, leur état de santé est plus précaire que la moyenne, alors même que leur suivi médical reste en deçà de ce qu’il devrait être.
Ce nouveau dispositif s’adresse à tous les enfants concernés, qu’ils soient placés ou suivis à domicile.
Un bilan de santé systématique et une coordination renforcée
Chaque enfant relevant de la protection de l’enfance devra désormais bénéficier d’un bilan de santé complet, incluant des examens chez l’ophtalmologiste, l’ORL et le dentiste. Des troubles jusqu’ici passés sous le radar pourront ainsi être identifiés et traités.
Pour éviter les interruptions de parcours, des structures de coordination seront déployées à l’échelle départementale. Elles auront pour mission d’organiser les rendez-vous et de vérifier leur bonne réalisation — une charge administrative que les professionnels de terrain n’ont souvent pas la capacité d’assumer seuls.
La santé mentale, grande priorité de la réforme
C’est sur le volet psychologique que le changement est le plus significatif. Jusqu’à présent, les enfants de l’ASE dépendaient quasi exclusivement des centres médico-psychologiques (CMP), dont les délais d’attente atteignent parfois 18 mois. Le nouveau dispositif leur ouvre l’accès à des psychologues et psychomotriciens en secteur libéral, avec une prise en charge pouvant couvrir jusqu’à 18 séances par an.
Des résultats préliminaires encourageants
Le dispositif s’appuie sur des expérimentations déjà menées, notamment les programmes Pegase et Santé protégée. Les données recueillies sur un échantillon de 600 enfants sont éloquentes :
- La proportion d’enfants à risque de retard de développement est tombée de 60 % à 33 % en un an
- Le nombre d’hospitalisations et de passages aux urgences a diminué
- La qualité de vie des enfants s’est améliorée, générant également des économies pour le système de santé
Si ces résultats se confirment à plus grande échelle, ce parcours coordonné pourrait transformer durablement la manière dont la France prend soin de ses enfants les plus exposés. La généralisation du dispositif constituera le véritable test de sa portée.